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Venant compléter les témoignages des entrepreneurs
et des experts qui répondent aux appels d’offres des
Marchés publics, Monsieur Jean-Louis Zigliara, Directeur
Juridique de l’Etablissement public du campus universitaire
de Jussieu (EPA Jussieu), fait part de son expertise d’acheteur
public.
Jean-Louis Zigliara explique « L’EPA
est une structure publique nationale qui assure une mission de maîtrise
d’ouvrage pour le compte de l’Université de Jussieu.
L’EPA lance des appels d’offres de toute nature, marchés
de travaux concernant les infrastructures de l’Université
s’adressant à des maîtres d’œuvre
et à des géomètres, appels à candidature
pour des déménagements de locaux, demandes de prestations
diverses auprès de fournisseurs (téléphonie,
informatique, fournitures de bureaux, etc.). En fonction du montant
du marché, l’EPA choisit un mode de mise en concurrence
des candidats. Par an, ce sont environ 30 « appels d’offres
», 100 à 150 « marchés à procédure
adaptée », 50 « marchés négociés
» qui sont lancés par l’EPA. »
Il précise « L’EPA met en ligne ses consultations
pour des marchés publics, et offre aux entrepreneurs la possibilité
d’y répondre de façon dématérialisée
sur la plate-forme du site www.achatpublic.com, qui est son hébergeur
pour cette activité. »
En ce qui concerne les appels d’offres, Jean-Louis Zigliara
précise qu’il existe trois grandes familles de procédures,
qu’il décrit ainsi :
Les
appels d’offres
Cette procédure, qui est la plus formaliste, se divise en
deux sous-catégories :
La procédure est la suivante :
- L’acheteur public contrôle et vérifie les
documents contenus dans le premier « paquet », qui
sont relatifs à la candidature de l’entreprise. L’analyse
de ce premier pli permet de se faire une idée plus précise
sur les compétences professionnelles et financières
de l’entreprise.
- L’acheteur public ouvre le 2ème « paquet
», qui contient la proposition financière ainsi qu’un
mémoire technique. Avec ce second pli, il réalise
une analyse multicritères de l’offre de l’entreprise.
- Les appels d’offres « restreints »
- Le premier « paquet » se compose
de la candidature de l’entreprise. L’acheteur public
procède à l’analyse des documents contenus
dans ce pli afin d’évaluer les capacités professionnelles,
techniques et financières de chaque concurrent. Seuls,
les candidats jugés aptes à pouvoir exécuter
les prestations du marché sont invités à
remettre une offre.
- Les procédures restreintes permettent d’éviter
que des prestataires dont le profil n’est pas adapté
aux caractéristiques d’un marché étudient
et chiffrent un projet qu’elle ne pourront se voir attribuer.
La dématérialisation se prête parfaitement
à ces types d’appels d’offres qui répondent
à un formalisme rigoureux dans un cadre juridique parfaitement
défini.
Les
procédures négociées
L’utilisation de cette procédure se justifie dans
certains cas définis à l’article 35 du Code
des Marchés Publics, tels que l’urgence, le montant
du marché, etc. La démarche est la suivante :
- L’acheteur public fait paraître dans la presse
un appel à concurrence dans lequel il demande aux entreprises
de justifier de leur expérience et savoir-faire
- Les entreprises remettent leur dossier
- L’acheteur public effectue un tri et envoie un dossier
de consultation aux entreprises sélectionnées. Ces
dernières proposent alors un chiffrage financier, le mode
opératoire, etc.
A noter : dans cette procédure, un délai libre est
laissé à l’entreprise.
- Après l’ouverture des offres, la personne responsable
du marché peut entamer une négociation sur tous
les aspects : montant, matériel, effectifs, etc
- Le marché est attribué au mieux-disant
En raison des négociations, dont le déroulement
peut amener les concurrents à remettre plusieurs propositions
successives, cette procédure se prête moins bien à
la dématérialisation, même si les clients publics
sont tenus de la proposer lorsque les montants estimés du
marché excèdent les seuils fixés à l’article
28 du Code des marchés publics.
Les marchés à procédure adaptée
Pour cette procédure, le Code des Marchés
Publics énonce simplement que « chaque acheteur détermine
la procédure la plus appropriée ». La procédure
doit respecter trois règles : liberté d’accès
des entreprises aux offres, égalité de traitement
des concurrents, transparence.
Jean-Louis Zigliara fait le point sur la dématérialisation.
Il déclare « Certaines entreprises sont mieux sensibilisées
que d’autres comme par exemple les structures engagées
dans la maintenance informatique ou encore l’architecture.
Pour développer la dématérialisation, l’Administration
devra faire preuve de pédagogie vis à vis des entreprises
candidates qui continuent à préférer le papier
aux procédures dématérialisées. »
Jean-Louis Zigliara conclut en donnant quelques conseils de base
aux entreprises candidates. « Je leur recommande de bien lire
les documents, de les communiquer avec le formalisme demandé,
et de ne pas hésiter à contacter la personne responsable
de l’achat public pour lui demander des précisions.
De leur côté, les acheteurs publics doivent absolument
être très précis dans leur appel d’offre,
faute de quoi ils créent des effets perturbateurs qui amènent
les entreprises à ne pas répondre. »

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